explication - CRISCO - Dictionnaire des synonymes

Il n’y a pas de démocratie possible sans vérité "Courrier International"

Notre époque est marquée par le recul sans précédent d’un des principaux héritages des Lumières : la vérité en tant que pilier moral et politique”, affirme la sociologue Eva Illouz dans ce long article publié par le quotidien israélien Ha’Aretz. Elle y déplore le culte de la subjectivité et du relativisme, qui ont donné lieu à toutes les dérives de Trump ou de Nétanyahou, pour ne citer qu’eux.
Si le mensonge est si répandu aujourd’hui dans l’espace public, c’est parce qu’il est désormais impuni et, plus inquiétant, parce qu’il semble souvent rapporter gros. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, n’a qu’à déclarer que le mufti Haj Amin Al-Husseini [grand mufti de Jérusalem de 1921 à 1948, qui s’est rallié aux nazis, mais dont le rôle fut mineur] a été l’instigateur de l’Holocauste ou que Benny Gantz [l’un de ses rivaux politiques] représente une menace pour la sécurité d’Israël pour instiller le doute dans l’esprit de ses compatriotes.
Un doute qui suffit à modifier leur perception de la réalité. Notre époque est marquée par le recul sans précédent d’un des principaux héritages des Lumières : la vérité en tant que pilier moral et politique. La question qui se pose est donc la suivante : que s’est-il passé dans la culture occidentale pour que les gens se désintéressent à ce point de la notion même de vérité ? Car si les menteurs s’en tirent aussi bien aujourd’hui, c’est certainement parce que la vérité ne nous tient plus tellement à cœur.
En 2005, dans un livre intitulé De l’art de dire des conneries (2017, Fayard-Mazarine), le philosophe Harry Frankfurt définissait le bullshit comme une nouvelle forme de connaissance. Pour lui, le menteur et le diseur de vérité appartiennent à la même catégorie morale et épistémologique : l’un comme l’autre se préoccupent fondamentalement de la vérité. Ce qui distingue le menteur, c’est le soin qu’il met à ne pas la révéler. Mais aujourd’hui, le mensonge comme la vérité ont été supplantés par une nouvelle forme de discours, ce que Frankfurt appelle le bullshit [un concept qui se situe entre le boniment, le mensonge et les conneries]. C’est une forme de discours que l’on reconnaît au fait que son adepte ne se préoccupe ni de dire la vérité (ou du moins d’en avoir l’air) ni de mentir. Celui qui pratique l’art de dire des conneries n’a tout simplement pas le souci de la vérité et méprise autant les faits que l’histoire ou la logique.
Le menteur ment parce qu’il tient à cacher la vérité ; le diseur de conneries, lui, ne poursuit même pas cet objectif. La vérité ne l’intéresse pas, ce qui l’intéresse, c’est que ses propos – vrais ou mensongers – aient un effet sur son auditoire, qu’ils lui permettent de renforcer son statut ou d’affaiblir son ennemi. Quand Nétanyahou déclare que l’Holocauste est une création du mufti de Jérusalem ou que le téléphone de Benny Gantz a été piraté par l’Iran, il ne cherche même pas à mentir (il connaît parfaitement la vérité) : il dit simplement des conneries. Il sait que ce qu’il dit est faux et il sait que tout le monde sait que c’est faux, mais il le dit quand même pour frapper les esprits et faire naître le soupçon chez les gens ordinaires. Il produit un discours qui ne cherche ni à dire la vérité ni à avoir l’apparence de la vérité.
Pour Frankfurt, l’extraordinaire démultiplication des médias a été l’un des principaux facteurs d’émergence de ce type de discours : que ce soit à la radio, à la télévision ou sur Internet, le but est de dire quelque chose, quel que soit le message. Les médias produisent un bruit de fond incessant, ils produisent des conneries à lire, à regarder ou à écouter sous la forme de chroniques, de prévisions, d’analyses et de divertissements.
L’insatiabilité des médias n’est toutefois pas la seule explication à cette avalanche des conneries. Il faut aussi citer le culte des émotions et la glorification de “la vérité intérieure et personnelle” qui se sont emparés des sociétés occidentales. “Au lieu d’essayer de parvenir à une représentation exacte du monde, écrit Frankfurt, l’individu s’efforce de donner une représentation fidèle de lui-même.”
Problème, poursuit Frankfurt :
Les faits qui nous concernent personnellement ne frappent ni par leur solidité ni par leur résistance aux assauts du scepticisme. Chacun sait que notre nature insaisissable, pour ne pas dire chimérique, est beaucoup moins stable que celle des autres choses. La sincérité, par conséquent, ce sont des conneries.”
Autrement dit, lorsque la vérité entre dans le territoire des émotions, elle devient un amas de conneries. “Je me sens victime, donc je suis une victime”, résume la teneur du discours sur d’innombrables sites culturels. Le culte de la subjectivité décourage toute quête de vérité, pis encore, il finit par dissuader les gens de s’affirmer eux-mêmes dans leur vérité. Ces conneries ont tellement proliféré et envahi le cœur de nos institutions politiques que nous devons nous pencher sur les origines de ce nouvel art oratoire.
Dans La Crise de la culture, Hannah Arendt souligne l’aspect coercitif de la vérité. Les affirmations telles que “la Terre tourne autour du Soleil” ou “la force de gravité tend à attirer les objets vers la Terre” peuvent être démontrées de différentes manières, mais elles ont quelque chose en commun : elles s’imposent au-delà du consensus, de l’opinion, de la discussion ou même de l’acceptation. La vérité revêt donc un caractère despotique.
Cette conception de la vérité en tant que fait s’imposant à nous a été remise en question par deux argumentaires : le premier affirme que toute vérité dépend des valeurs et du point de vue de la personne qui la profère ; le second ajoute que, toute vérité étant relative, il n’y a aucune raison d’en privilégier une aux dépens d’une autre.
Le postmodernisme est le mouvement philosophique qui a formalisé l’idée qu’il pouvait exister plusieurs vérités et pas seulement une, et qu’il fallait donc à la fois démocratiser et démystifier la notion même de vérité. Puis, d’autres courants issus du postmodernisme sont allés plus loin, affirmant que la vérité était au service du pouvoir. Que la vérité était masculine, blanche, européenne, colonialiste ou hétéro-normative.
Cette assimilation de la vérité à un instrument du pouvoir a conduit à un renversement spectaculaire : alors que, du temps des Lumières, la vérité était une arme pour lutter contre les superstitions et la tyrannie politique, c’est à présent sur elle que se concentrent les attaques morales. Tout groupe ou individu a le droit de formuler sa vérité, telle est la seule et unique position morale acceptable aujourd’hui. Dans ses Cool Memories (1980), le philosophe postmoderniste Jean Baudrillard écrit :
La vérité est ce dont il faut se débarrasser au plus vite et la refiler à quelqu’un d’autre. Comme la maladie, c’est la seule façon d’en guérir. Celui qui garde en main la vérité a perdu.”
Au-delà du caractère moralement et médicalement plus que discutable de cette injonction à nous soigner en refilant nos maladies à des congénères, force est de reconnaître que l’appel de Baudrillard (et d’autres penseurs) a bien été entendu : de nombreux philosophes et chercheurs en sciences sociales se sont mis à considérer la vérité avec le même mépris que le théoricien français : comme si elle n’était qu’une croyance primitive dont devait se débarrasser tout homme (ou toute femme) civilisé.
Cette conception de la vérité est devenue encore plus corrosive en quittant le domaine de l’épistémologie pour entrer dans la sphère morale et politique. En 1987, dans L’Âme désarmée (2018, Les Belles Lettres), Allan Bloom soulignait qu’il était devenu interdit dans les universités américaines de remettre en question les valeurs d’un autre étudiant car plus personne ne pouvait être sûr de connaître ou de détenir la vérité. Pour être véritablement démocratique et tolérant, il fallait se libérer des chaînes de la vérité.
Les vérités alternatives de Donald Trump
Si la vérité est coercitive et obscène – obscène parce que coercitive –, à quoi bon pointer du doigt les menteurs ? La vérité n’étant plus un bien commun mais une chose que chacun possède en privé, elle ne se réduit plus qu’à une différence d’opinions, tant au plan moral que factuel. Dès lors, les “vérités alternatives” de Donald Trump ne sont que la conclusion logique du raisonnement postmoderniste : si toute vérité dépend du point de vue et des valeurs de celui qui la profère, alors Donald Trump peut légitimement dire qu’il y avait foule sur le National Mall le jour de son investiture, que Barack Obama n’est pas né aux États-Unis et que les immigrés mexicains violent les femmes américaines. Après tout, ces affirmations sont le reflet fidèle de ses valeurs.
Le postmodernisme s’est répandu dans les universités, dans le discours public et dans de larges segments de la population, remettant en question la légitimité même de toute recherche de la vérité. Mais d’autres forces ont également œuvré pour disqualifier l’importance de la notion même de vérité. Ces forces culturelles convergent autour du concept d’agnosia, “ignorance”, en grec. Le premier symptôme de l’agnosia : l’ignorance, fruit d’une surabondance de connaissances. La spécialisation et le langage de l’expertise produisent d’énormes quantités de données et de connaissances dont le but est de créer des “effets” de vérité – c’est-à-dire des affirmations ayant l’apparence de la vérité mais qui, comme nous le savons désormais, sont soumises à des dates de péremption. Pensez à toutes les informations relatives à la santé dont on nous bombarde quotidiennement. Ces informations (comme la plupart des connaissances scientifiques) ne sont pas éternellement vraies et sont souvent contradictoires. Un jour, on nous dit que le vin rouge est bon pour la santé ; le lendemain, qu’il est nocif. Même chose pour les œufs, le gras et le café.

Des données et des connaissances devenues périssables

Aujourd’hui, nous savons que la validité de ce genre d’informations est limitée, qu’elles sont contestées, imprécises et contradictoires. Ce qui revient à dire que, paradoxalement, plus la connaissance scientifique s’enrichit, plus elle devient floue et fluctuante, du moins pour l’opinion publique. Pensez également à la “crise de la reproductibilité” dans les sciences expérimentales. Des chercheurs se sont retrouvés dans l’incapacité de reproduire les résultats de 70 % des expériences menées en psychologie, y compris certaines études très célèbres. Résultat, les gens s’habituent à l’idée que les données et les connaissances ne constituent pas nécessairement des vérités.
Souvenez-vous de toutes les informations sur les armes de destruction massive dont nous ont abreuvés George W. Bush et son secrétaire d’État, Colin Powell, pour convaincre les Américains et le reste du monde de la nécessité d’une intervention militaire en Irak. Il est intéressant de noter qu’à cette occasion ce n’est pas avec l’arme de la censure ou du secret que les dirigeants ont tenté de bâtir la légitimité de cette opération, mais en nous inondant, nous le public, d’informations qui se sont ensuite révélées fausses. Ces mensonges n’ont pas provoqué l’indignation qu’ils auraient dû, parce que nous étions déjà habitués à l’idée que les connaissances avaient une durée de vie limitée.

Le marketing, ou la logique du Père Noël

Une autre caractéristique de l’agnosia dérive de l’emprise qu’exerce aujourd’hui le marketing sur une multitude de domaines.
Ainsi que le disait le philosophe Michel Serres, le marketing ne se préoccupe pas de savoir si l’aspirine est bonne pour vous, il ne cherche pas à savoir si les femmes sont les égales des hommes, ou si les dérèglements climatiques sont une réalité. Ce qui intéresse le marketing, c’est de savoir ce que les gens pensent de l’aspirine, s’ils pensent que les femmes sont les égales des hommes, et s’ils pensent que les dérèglements climatiques sont une réalité.
Le marketing est une forme de connaissance qui ne s’intéresse pas aux faits réels mais à l’opinion que s’en font les gens, car ces opinions constituent la clé qui permet d’entrer dans l’esprit des consommateurs. Le marketing, c’est l’institutionnalisation et la prépondérance accordée à l’opinion générale par rapport à la vérité. Le marketing institutionnalise l’idée que ce qui compte, c’est le désir et les croyances du consommateur – et tant pis si ces sentiments sont fondés sur des erreurs ou des mensonges.
Le marketing politique fonctionne sur le même principe. Si les électeurs veulent un leader fort, les candidats s’alignent sur ce que révèlent les études marketing. Résultats, les candidats se conçoivent de plus en plus comme des produits de consommation que l’on refourgue au consommateur en exploitant ses croyances personnelles, même erronées. C’est par l’intermédiaire du marketing que les conneries de gens ordinaires sont érigées au rang de pensées recevables. Des absurdités sont recyclées en produits de consommation et en programmes politiques, devenant ainsi des faits objectifs.
Le marketing utilise ce que Jean Baudrillard appelle la “logique du père Noël” : quelque chose en quoi nous ne croyons pas, mais qui a de l’importance pour nous (comme le père Noël). C’est une position très différente de celle d’un authentique croyant qui croirait au père Noël. La logique du père Noël nous permet de croire et de ne pas croire en même temps. Par exemple, je peux savoir que Nétanyahou me raconte probablement des salades, mais je peux m’en ficher parce que j’aime les hommes à poigne et je veux croire en lui. Je sais parfaitement que Trump vit dans des appartements dégoulinant de luxe et qu’il ne se soucie pas vraiment des classes laborieuses, mais ça me fait du bien de croire qu’il se soucie de moi, qu’il m’apportera des cadeaux et qu’il cherche à améliorer mes conditions de vie. La logique du père Noël créé une situation d’ignorance où nous cultivons une indifférence vis-à-vis de la vérité, parce que nous apprenons à ne nous soucier que des choses dont nous souhaiterions qu’elles soient vraies.
Theodor Adorno avait imaginé un concept similaire : la publicité, disait-il, nous apprend à ne pas croire au discours publicitaire mais à agir tout de même en fonction de celui-ci. Nous savons que tel parfum ne nous rendra pas plus sexy, pourtant nous ne pouvons pas nous empêcher de nous comporter comme si c’était le cas. À noter que cette notion n’est pas identique à celle de l’idéologie ou de la fausse idéologie – où je suis sincèrement convaincu de la véracité de quelque chose qui est faux (l’idée par exemple que les hommes, les Blancs ou les Juifs sont supérieurs aux femmes, aux Noirs ou aux non-Juifs).

Tout a changé après le Watergate

Le concept de post-vérité a été inventé par le journaliste et dramaturge serbo-américain Steve Tesich. Dans un article publié en 1992 par le magazine The Nation, Tesich décrit un syndrome post-Watergate et montre comment les douloureuses révélations de ce scandale (le fait que Richard Nixon ait tenté d’espionner illégalement le parti démocrate puis d’étouffer l’affaire) ont radicalement transformé le rapport des citoyens à la vérité.
“Cette victoire [de la démocratie contre les prévarications de Nixon] a été suivie d’un phénomène totalement inattendu. Que ce soit à cause du traumatisme du Watergate – dont les révélations s’ajoutaient aux nombreux crimes de la guerre du Vietnam – ou parce que Nixon a été si rapidement pardonné, le fait est que nous avons commencé à nous désintéresser de la vérité. La vérité était devenue synonyme de mauvaise nouvelle et nous en avions assez des mauvaises nouvelles, peu importe qu’elles soient vraies ou essentielles pour la bonne marche de notre pays. Nous avons commencé à attendre du gouvernement qu’il nous protège de la vérité.”
Voilà ce qu’écrivait il y a vingt-sept ans l’inventeur du concept de post-vérité. On peut disputer certaines thèses de Tesich (mort en 1996) – sa vision du Watergate comme tournant majeur marquant ce renversement fondamental du lien entre la politique américaine et la vérité, ou l’idée que Nixon a vite été pardonné –, mais il a au moins raison sur un point : après le Watergate, les responsables politiques sont devenus de plus en plus évasifs (“Je ne me rappelle pas” sera la ligne de défense de Reagan en pleine affaire Iran-Contra – scandale dans lequel ni le président ni ses 14 coaccusés ne furent jamais vraiment sanctionnés). Il est devenu de moins en moins dangereux de mentir pour les politiques. Les républicains se sont vu épargner les lourdes peines qui s’imposaient en raison de leurs mensonges. De même que Nétanyahou n’a pas été sanctionné alors qu’il avait été le premier à attiser la haine contre Yitzhak Rabin [Premier ministre israélien assassiné en 1995 par un Juif israélien ultranationaliste après une campagne calomnieuse contre lui]. Sa réélection après l’assassinat de Rabin illustrait parfaitement le nouvel état d’esprit : “Ignorez les mauvaises nouvelles”.
La fierté nationale s’est substituée aux mauvaises nouvelles. On l’a bien vu lorsque George W. Bush et Colin Powell ont brandi la menace des armes de destruction massive pour justifier l’invasion de l’Irak et ne se sont jamais vraiment excusés (alors qu’ils auraient dû démissionner) lorsqu’il est devenu apparent que l’Irak ne possédait pas ces armes. Les armes de destruction massive appartenaient à la catégorie des post-vérités : on ne les avait pas trouvées, mais elles auraient pu exister, c’était plausible.

Ce qui est plausible peut être vrai

Ainsi que l’explique Tesich (avant même la guerre en Irak), le caractère plausible d’une affirmation est devenu une forme acceptable de connaissance, une forme qui ne s’embarrasse pas des faits et peut même les inventer pour renforcer sa propre vraisemblance. Haj Amin Al-Husseini n’a pas été l’architecte de l’Holocauste, mais il aurait pu, et cela suffit pour l’affirmer dans la sphère publique. En remplaçant la vérité, la plausibilité est devenue une arme qui dispense les responsables de rendre des comptes et leur permet de créer et d’accuser des ennemis, de jeter le doute sur des faits connus et établis. Voilà la post-vérité.
Il existe un autre aspect de cette tendance à faire abstraction des mauvaises nouvelles. Dans une société largement structurée par des informations anxiogènes, où tout – des cigarettes aux hamburgers en passant par le manque d’exercice – peut hâter notre inéluctable disparition, nous avons développé la capacité à ne pas voir les mauvaises nouvelles. Les paquets de cigarettes nous avertissent désormais que “fumer tue”, mais les fumeurs ont appris à voir les mauvaises nouvelles sans les absorber.
Pour Theodor Adorno, la culture de la publicité nous invite à regarder la publicité sans toutefois y croire. Nous apprenons à faire abstraction des mauvaises nouvelles parce que ces dernières constituent l’essentiel des nouvelles. Dans les médias, les informations ne sont que des mauvaises nouvelles. Ce mécanisme fonctionne un peu comme à l’opposé des vaccins : en nous exposant à une toute petite dose de pathogène, la vaccination nous protège de la maladie. Ici, c’est l’inverse qui se produit : submergés de vérité, nous finissons par y devenir insensibles. Il y a tellement de menaces et de mauvaises nouvelles que nous n’y réagissons plus.

La haine : une grille d’analyse

Enfin, on trouve un dernier type d’ignorance dans les théories du complot qui pullulent dans notre société. En 2017, le politologue bulgare Ivan Krastev écrivait : “D’après les sondages, entre 50 % et 75 % des habitants de plusieurs pays du Moyen-Orient ne croient pas que les avions détournés pour les attentats du 11 septembre 2011 étaient pilotés par des Arabes ; 4 Russes sur 10 ne pensent pas que les Américains se sont rendus sur la Lune ; et la moitié des Américains pensent que leur gouvernement leur cache la vérité concernant l’identité des commanditaires des attentats du 11 septembre.”
En France, un grand nombre de jeunes issus de pays d’Afrique du Nord sont convaincus que les attentats de 2015 contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher ont été commis par des Américains et des Israéliens pour attiser la haine contre les musulmans. Qu’ils soient républicains du Tea Party [néoconservateurs américains], militants de droite ou de gauche ou représentants de minorités se sentant attaquées par l’État, pour certains, la haine de l’État et des élites est devenue une grille d’analyse de la réalité : les élites de la finance, les Juifs, les États-Unis et Israël, le gouvernement fédéral – toutes ou plusieurs de ces entités sont responsables d’une catastrophe imminente.
Les tenants des théories du complot croient fermement à la devise nietzschéenne selon laquelle “le contraire de la vérité n’est pas le mensonge, mais la conviction”. L’adhésion à une théorie du complot nourrit une forme puissante de conviction car elle donne l’impression à ses partisans de posséder une connaissance supérieure, d’avoir le privilège de connaître les machinations des médias et du pouvoir, bref d’être plus malins que les grandes institutions. C’est la sophistication intellectuelle des petits. Les théories du complot prolifèrent partout aujourd’hui, et bien qu’elles donnent l’illusion d’une connaissance supérieure, elles sont en réalité largement fondées sur l’ignorance.

Un ensemble de croyances et de représentations partagées

Les milieux intellectuels ont jeté l’anathème sur la vérité. Sachant que certaines théories biologiques affirmaient la supériorité de l’homme sur la femme ou de la race blanche sur les autres, on comprend la méfiance qui entoure désormais la notion même de vérité. Il y a pourtant une différence entre le fait d’affirmer l’existence d’une seule et unique vérité et le fait de dire que la vérité est essentielle, quelle qu’elle soit. La vérité n’est pas seulement une information (du type “la Terre tourne autour du Soleil”), c’est aussi un ensemble de croyances et de méthodes acceptées visant à représenter, découvrir et anticiper des phénomènes de notre monde. Les méthodes utilisées pour représenter la vérité peuvent changer, mais l’idée que la vérité existe et que certains moyens sont plus adaptés que d’autres pour la découvrir doit rester inchangée.
Le contenu d’une vérité peut évoluer, mais ce qui ne doit pas changer, c’est l’idée que la vérité compte et qu’il existe des méthodes pour déterminer quelle vérité est plus essentielle qu’une autre. Accepter ce principe est une façon de coexister dans un monde que nous partageons avec d’autres.
Dans son Essai sur la révolution, Hannah Arendt s’inquiétait de l’incapacité des gens à penser et à distinguer les faits de la fiction – un état qu’Arendt appelle “l’absence de pensée”. L’absence de pensée, c’est l’incapacité à juger par soi-même. J’irais personnellement plus loin en disant que certains aspects essentiels de notre culture nous incitent activement à cultiver cette absence de pensée. Le marketing, la publicité, les relations publiques, le postmodernisme, tous ces éléments font la promotion du baratin, du boniment et de l’ignorance en général.
Notre capacité à penser est un prérequis essentiel à la démocratie. Pour Arendt, l’émergence d’un pouvoir totalitaire est directement corrélée à l’incapacité à penser d’une population. Seule la recherche de la vérité nous oblige à réfléchir, à argumenter, à nous justifier, à examiner des preuves, à douter et à réviser notre propre jugement. Mais si l’on abandonne la vérité en tant qu’idéal culturel, à quoi bon réfléchir ? Au lieu de penser à ce qui est vrai, nous pensons à ce qui nous fait plaisir.
“Le sujet idéal de la domination totalitaire n’est ni le nazi convaincu ni le communiste convaincu, mais les gens pour qui la distinction entre fait et fiction et la distinction entre vrai et faux n’existent plus”, souligne Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme.
Steve Tesich, l’inventeur du concept de post-vérité, écrit : “Nous serons bientôt des prototypes de citoyens dont les monstres totalitaires du passé osaient à peine rêver. Jusqu’à présent, tous les dictateurs devaient âprement lutter contre la vérité. Mais par notre attitude, nous leur disons aujourd’hui que ces efforts ne sont plus nécessaires car nous avons développé un mécanisme cognitif capable de dépouiller la vérité de toute forme de signification. En tant qu’individus libres, nous avons fondamentalement et librement décidé que nous voulions vivre dans un monde de post-vérité.”
La manière la plus efficace d’établir un pouvoir totalitaire n’est pas d’opposer une vérité à une autre, mais de questionner l’idée même de vérité. En 1938, George Orwell écrivait dans son Hommage à la Catalogne :
L’idéologie nazie nie spécifiquement l’existence même de toute ‘vérité’. […] Si le Chef dit de tel événement qu’il ne s’est jamais produit, alors il ne s’est jamais produit. S’il dit que deux et deux font cinq, alors deux et deux font cinq. Cette perspective m’effraie beaucoup plus que les bombes.”
À l’instar d’Orwell s’engageant dans les forces antifascistes pendant la guerre d’Espagne (1936-1939), seul un individu ayant une conception claire de la vérité peut être prêt à risquer sa vie pour défendre les valeurs antifascistes. Se prélasser dans une conception floue de la vérité est un luxe que seules des sociétés démocratiques bien dirigées peuvent s’offrir et que nos sociétés contemporaines ne peuvent plus se permettre. Sous toutes ses formes, la tyrannie a toujours misé sur notre négligence, notre apathie ou notre stupidité pour écraser la vérité. La vérité demeure une arme nécessaire pour combattre les tyrans, les menteurs et tous les diseurs de conneries. –
PS : Certaines références dans le texte (Arendt, Baudrillard et Serres) ont été trouvées dans un article de Martin Legros sur la post-vérité dans Philosophie magazine, 2017.

Ha’Aretz
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Google utilise-t-il l'indexation sémantique latente?

Google utilise-t-il l'indexation sémantique latente LSI ?
Article EN à lire : http://www.seobythesea.com/2018/01/google-use-latent-semantic-indexing
Selon Bill Slawski Google n'utilise pas la techno LSI
Voici une traduction (google trad) des commentaires intéressants :
Il y a une vidéo de Bloomberg sur l'utilisation des vecteurs Word dans l'application de Rankbrain, et il y a un brevet que j'indique ci-dessus de Google qui nous dit que Google utilise vraisemblablement Word Vectors, ainsi que de nombreuses déclarations de Jeff Dean sur Word Vectors.
Il existe des moyens d'utiliser la sémantique sur vos pages, notamment le balisage de schéma et les données structurées et les termes de contexte et les vecteurs de contexte (les termes contextuels et les vecteurs de contexte sont décrits dans les brevets de Google). et des synonymes pour les termes de requête qui n'utilisent pas la technologie LSI.
Google a écrit des livres blancs sur la modélisation de thèmes sémantiques qui ne mentionnent pas LSI, tels que:
Le pdf à lire : https://static.googleusercontent.com/media/research.google.com/en//pubs/archive/45569.pdf
Brevet Moteur de recherche basé sur le contexte de l'utilisateur : https://patentscope.wipo.int/search/en/detail.jsf?docId=US177618724
Google nous a fourni des informations sur la façon dont ils utilisent les approches sémantiques pour comprendre le contenu des articles et des brevets sur ces approches. Il y a un certain nombre de personnes qui font du référencement qui insistent sur le fait que Google utilise LSI, sans fournir aucune preuve, sauf pour expliquer que LSI est sur les synonymes. C'est une approche et une explication vraiment simplistes. La technologie LSI n'a pas été créée pour quelque chose de la taille du Web, ou tout ce qui change aussi vite que le Web. Google a développé une approche de vecteur de mots (utilisée pour Rankbrain) qui est beaucoup plus moderne, évolue beaucoup mieux et fonctionne sur le Web. Pourquoi utiliser LSI quand Word2vec est disponible équivaudrait à une Ferrari avec un go-cart.
Google utilisant Neural Networks et AI, ils seront en mesure de répondre à beaucoup de questions, et la technologie augmente chaque jour. Nous voyons de nouvelles choses de l'équipe de Google Brain et de Deep Mind. LSI a été breveté dans les années 1980, ce qui fait environ une trentaine d'années. Je pense que nous avons parcouru un long chemin depuis.
Je suggère que vous n'essayez pas d'utiliser LSI pour le SEO car il est possible que cela ne vous aide pas beaucoup. Il existe d'autres façons d'utiliser des approches sémantiques pour améliorer vos pages et le contenu de celles-ci. Par exemple, j'ai fait une présentation dans Pubcon il y a quelques mois, où j'ai parlé de certains d'entre eux. La présentation peut être trouvée ici: http://www.seobythesea.com/2017/11/semantic-keyword-research-topic-models/
Je pense que beaucoup de gens comprennent que Google essaie de devenir plus sémantique, et de mieux comprendre le sens des mots, mais ont développé d'autres façons de le faire autrement que par le processus latent d'indexation sémantique. Les personnes qui poussent l'idée d'utiliser LSI le décrivent souvent comme un simple usage de synonymes, ce qui ne décrit vraiment pas ce qu'est LSI. Les personnes intéressées par l'utilisation de la sémantique dans les pages Web qu'elles créent devraient idéalement apprendre les schémas et les données structurées, ainsi que les termes de contexte des bases de connaissances qui couvrent la signification des mots qui les intéressent. Il est possible d'inclure des signalisations sémantiques sur vos pages sans utiliser LSI du tout.
Il y a quelque chose de très ironique dans l'utilisation d'un terme hautement technique qui signifie un processus hautement mathématique tel que LSI pour remplacer les synonymes. C'est comme si les gens travaillaient pour se faire paraître plus intelligents qu'ils ne le sont en réalité.
Il n'est pas difficile de trouver une base de connaissances sur la signification d'un mot clé pour lequel vous essayez d'optimiser une page, et d'extraire des termes de vocabulaire contextuel de cette page, ce qui pourrait aider Google à indexer votre page sous ce sens meilleur. Ce qui le rend digne d'être fait. Donc, si vous écrivez sur les Jaguars de Jacksonville, et vous les cherchez dans Wikipedia, et voyez qu'ils jouent à leurs jeux à domicile sur EverBank Field, et mentionnez ce champ sur votre page à leur sujet.
Google sait immédiatement que vous écrivez sur l'équipe de football, et non sur le chat ou la voiture. C'est la recherche sémantique, où l'identification d'un attribut qui peut être contextuellement lié à ce que vous écrivez sur le sujet, il est plus probable que Google indexe que votre page concerne l'équipe de football Jaguars NFL. Ce n'est pas un synonyme, mais c'est un mot qui indique le contexte. Il ajoute une précision à votre page qui améliore la qualité de votre contenu.
LSI signifie une manière technique et mathématique lourde d'indexer le contenu en utilisant la technologie SVD. Je préférerais dire aux gens d'utiliser des termes contextuels, ou d'utiliser le balisage de schéma, ou Structured Data sur leurs pages, parce que ce sont des approches sémantiques que Google utilise vraiment, et nous le savons parce qu'ils ont breveté ces approches et écrit à leur sujet dans les whitepapers et des articles de blog et des pages d'aide / de support Google.
En fait, Google n'a jamais dit qu'il utilisait la technologie LSI ou quelque chose comme ça. Mais il a mentionné que l'utilisation de mots apparentés facilite la compréhension du contenu. De plus, après l'introduction de Rank Brain, il serait vraiment trompeur de dire que Google utilise une technologie LSI. D'un autre côté, je crois que si l'on écrira pour son public, le contenu lui-même contiendra tous les éléments importants pour l'appeler un contenu optimisé. La vérité est que j'ai vu plus de 60% des blogs écrivant juste pour classer et ne pas informer ou partager les connaissances.
Google n'a jamais dit de toute façon qu'ils utilisaient la technologie LSI. Ils ont admis l'utilisation de mots apparentés dans l'indexation basée sur les phrases et dans Rankbrain; mais aucun d'entre eux n'utilise LSI - ils utilisent une technologie plus moderne. J'ai vu des gens qui vendent des formations SEO suggérer que les gens devraient utiliser des mots clés LSI pour aider Rankbrain, mais je me demande vraiment comment cela pourrait être utile.
Google a signalé d'autres approches impliquant des termes de contexte et des mots et des schémas réalistes, ainsi que des données structurées qui sont de meilleures approches. J'interrogerais n'importe qui suggérant l'utilisation de LSI, une technologie de 30 ans pour gérer quelque chose comme Rankbrain. Demandez-leur d'expliquer comment cela fonctionne
Il existe des moyens d'ajouter des termes pertinents du point de vue sémantique aux pages qui n'impliquent pas l'utilisation d'un outil LSI qui n'explique pas comment il retourne les résultats qu'il renvoie. Il est possible d'ajouter à une page des termes issus d'une page de base de connaissances qui aident à définir le contexte de votre page et les termes que vous optimisez pour le rendre meilleur. Il est également possible d'examiner d'autres pages classées en fonction des termes de recherche que vous ciblez et de rechercher des expressions significatives sur ces pages qui apparaissent fréquemment sur les pages de classement les plus élevées pour le même sens que celui que vous visez. . Ces méthodes ne sont pas LSI, et elles ne doivent pas l'être. Ils sont des approches sémantiques que Google a déclaré dans les brevets et les documents qu'ils prêtent attention.
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Jean Raspail - La patrie trahie par la république

J'ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d'un colis piégé. Difficile de l'aborder de front sans qu'il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C'est pourtant l'interrogation capitale. J'ai hésité. D'autant plus qu'en 1973, en publiant Le Camp des saints, j'ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n'ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites.
Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu'« ils sont chez eux chez moi » (Mitterrand), au sein d'une « Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes » (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu'au basculement définitif des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter seulement la moitié la plus âgée de la population du pays, le reste étant composé d'Africains, Maghrébins ou Noirs et d'Asiatiques de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l'islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer.
La France n'est pas seule concernée. Toute l'Europe marche à la mort. Les avertissements ne manquent pas rapport de l'ONU (qui s'en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment , mais ils sont systématiquement occultés et l'Ined pousse à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l'Europe des Quinze est l'un des phénomènes les plus sidérants de notre époque. Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l'incurie des « gouvernances » et qu'il lui faudra affronter dans son âge d'homme...
Sans compter que les « Français de souche », matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l'homme, de « l'accueil à l'autre », du « partage » cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites « antiracistes », conditionnés dès la petite enfance au « métissage » culturel et comportemental, aux impératifs de la « France plurielle » et à toutes les dérives de l'antique charité chrétienne, n'auront plus d'autre ressource que de baisser les frais et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du Français de 2050. Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu'on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français et pas nécessairement tous de race blanche qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s'obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu'elles nous ont été transmises de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile.
Face aux différentes « communautés » qu'on voit se former dès aujourd'hui sur les ruines de l'intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c'est nous qu'on intègre à « l'autre », à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s'agira en quelque sorte je cherche un terme approprié d'une communauté de la pérennité française. Celle-ci s'appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.
Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l'autre. Quelque chose comme l'élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés. Et ensuite ?
Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l'ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d'une espèce à jamais disparue qui s'appelait l'espèce française et n'annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé.
Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu'en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c'est que les derniers isolats résistent jusqu'à s'engager dans une sorte de reconquista sans doute différente de l'espagnole mais s'inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus. Ce n'est pas moi qui m'en chargerai, j'ai déjà donné. Son auteur n'est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j'en suis sûr...
Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c'est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d'hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n'ose dire cyniquement, à l'immolation d'une certaine France (évitons le qualificatif d'éternelle qui révulse les belles consciences) sur l'autel de l'humanisme utopique exacerbé. Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l'Etat (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l'organisme encore sain de la nation française.
Même si je peux, à la limite, les créditer d'une part de sincérité, il m'arrive d'avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République. Les « valeurs républicaines » se déclinent à l'infini, on le sait jusqu'à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d'abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n'est qu'une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d'idéologie, idéologie avec un grand « I », l'idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu'ils trahissent la première pour la seconde.
Parmi le flot de références que j'accumule en épais dossiers à l'appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l'étendue des dégâts. Elle est extraite d'un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : « Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d'une jeune Française issue de l'immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République... »
Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure : « Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d'êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. » (Président Boumediene, mars 1974.)
Et celle-là, tirée du XXe chant de l'Apocalypse : « Le temps des mille ans s'achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée. »
Jean RASPAIL
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[disputatio] Du sexisme de la langue française

(Les modos de france ayant censuré ce post, ben autant le poster là)
Après la remarque de u/yoshi570 il apparaît qu'il y a un intérêt pour débattre cette question, ni dans un forum qui bannit à tour de bras tous ceux qui osent contredire leur doxa (feminisme) ni dans un forum modéré par le posteur qui se pose en référence (questiondelangue), donc France est tout indiqué. Attention, je parle ici sans aucune référence et sans aucune connaissance (wink wink), ne laissant donc juge le lecteur que du contenu du message, et non pas de celui qui le porte.
L'argument pour dire qu'une langue est sexiste peut être valide (je ne dis pas valable, juste valide, ie logiquement correct) si on montre au moins l'un des deux points suivants : 1. L'usage de cette langue rend les locuteurs sexistes (terme à définir). 2. La langue, résultat de l'usage de locuteurs sexistes (terme à définir), a acquis des caractéristiques en soi sexistes. Généralement, les deux facettes sont justifiées de concert puisque ça revient un peu au problème de la poule et de l'œuf (qui est en fait très facile à régler logiquement): nos amis féministes disent que la société était et est sexiste et a donc crée une langue sexiste qui perpétue ce sexisme. Soit. Le problème vient bien évidemment des preuves de cette théorie qui doit montrer pour 1. que la forme de la langue influe sur la pensée et pour 2. que les caractéristiques purement linguistiques entraîne une telle influence.
Notre spécialiste local ne voulant plus en parler, je veux bien comprendre que ça le gave, renvoie à son post séminal, cité à tour de bras par celle dont le pseudo rend hommage à une filleule de marquis qui s'est faite couper la tête pour son soutien au roi mais dont on prétend depuis que c'était à cause de son féminisme. Le post en question, le voilà https://np.reddit.com/QuestionsDeLangue/comments/5mocru/actualit%C3%A9_gram_du_sexisme_dans_la_langue_fran%C3%A7aise/. Full disclosure, mon unique commentaire sur feminisme qui m'a valu d'y être banni à perpétuité était justement à propos de ce post et j'avais donc envoyé ma réponse en message perso à l'auteur qui m'a renvoyé bouler avec la morgue hilarante des bons élèves que je ne peux pas ne pas citer :
Je vous renvoie aux références que je donne à la fin de mon message : vous confondez analyse morphologique et analyse sémantico-réferentielle [c'est la thèse de monsieur donc les gros mots sont là pour impressionner le chaland]. Les liens entre les deux domaines sont complexes, et ils ne se réduisent pas à la bijection simplexe que vous faites [que je ne faisais pas]. La recherche actuelle, fondée sur des études de corpus, le lexique, les usages... vont toutes dans le même sens, et il ne s'agit pas de "théorie féministe" : j'ai présenté de leurs résultats initialement [aucunement]. Partant, à moins que vous ne vous appuyiez sur des sources scientifiques et non des impressions personnelles, je ne peux poursuivre la discussion avec vous.
On reviendra à cette exigence de références (plutôt vague) et d'absence d'impressions personnelles ainsi qu'à l'accusation de confusion entre morphologie et sémantique. Je le mets là pour bien montrer combien ceux qui aiment citer le font souvent par habitude (ce sont des étudiants) et surtout par crainte de développer leurs propres raisonnements personnels (il faut s'abriter derrière une autorité). C'est assez commun chez ceux qui n'osent pas encore trop s'avancer mais ça sert aussi souvent d'écran de fumée à la totale absence d'argumentation. Je remarque seulement que les soi-disantes références sont, un blog, un numéro de revue sur la connotation, un article wikipedia, et un article universitaire (quand même !) de 1996 qui note toutefois concernant la critique féministe de la langue (note 1): "Ces travaux sont bien développés aux Etats-Unis (…) mais quasi inexistants en France" (depuis on s'est rattrapé mais le gros du travail universitaire sur le genre consiste à traduire ce qui s'écrit aux US, ce qui pose problème sur la langue parce qu'aux US on n'écrit pas trop sur le sexisme du français). Impressionnante liste de références pas vraiment en rapport avec l'affirmation disant que TOUTES les références vont dans le même sens d'un propos sur lequel on ne veut pas débattre.
Donc faisons tout le contraire et plongeons dans le commentaire du post d'origine et ouvrons le débat ICI (si les modos nazis le veulent bien) :
Disant cela, soyons clairs sur les termes, et tâchons de rester, autant que faire se peut, dans le strict domaine de la langue . Par sexisme, l'on entend un environnement ou un univers, une idéologie qui privilégierait notamment les attributs masculins ou considérés comme tels (soit par nature, soit par culture) au détriment des attributs féminins ou considérés comme tels (à nouveau, soit par nature, soit par culture).
Bon, on a déjà quitté le domaine de la langue. Effectivement, le sexisme n'est pas un concept linguistique, mais un concept sociologique ou politique. Wilmet (cf. infra, p. 63) conclut d'ailleurs son chapitre sur les noms masculin et féminin par "Tout le reste n'est que sociologie". La définition est pour le moins floue parce que l'implicite est renvoyé dans le terme "privilégier" dont on nous dira rien. Moi ce que j'ai remarqué, c'est que quand il fallut aller sous les drapeaux, le gouvernement privilégiait les humains avec une bite, et jamais je n'ai entendu réclamer la parité là-dessus. Ah si en fait, depuis qu'il n'y a plus de service militaire, certaines le réclament pour tous sachant pertinemment qu'elles n'auront pas à le faire. C'est comme les gars qui arrivent quand tout a été rangé : "T'as besoin d'un coup de main ?" C'est généralement synonyme du faux-cul quand c'est systématique.
Que l'on considère que ce sexisme est structurel, c'est-à-dire qu'il s'irradie dans toutes les structures, unités, constructions de la langue.
Dans TOUTES est-il dit. Généralement, quand on veut montrer l'existence de quelque chose, on procède prudemment par la montrer dans certains cas, mais non, là il s'agit de TOUTES, rien de moins. En effet, il me suffira donc d'un seul contre-exemple pour invalider cette hypothèse. C'est justement la raison pour laquelle on évite de dire "toutes"…
Il ne s'agirait pas de phénomènes "discrets" mais de quelque chose de plus régulier : c'est précisément sa régularité et son omniprésence qui le rendraient difficile à observer, puisqu'il ne serait pas "saillant" dans notre pratique quotidienne de la langue.
Le genre de phrase assez amusante. Que veut dire ici "pas "discret"" (entre guillemets). Il y a plusieurs définitions ; s'agit-il d'une opposition à "évident" ou s'agit-il de l'anglicisme (d'où les guillemets) s'opposant à continu ? Difficile à dire puisque "difficile à observer" implique qu'il ne s'agit pas de l'opposé d'évident (si c'était difficile à observer il s'agirait donc bien de phénomènes discrets), mais par ailleurs l'opposition à régulier donne toute une série de qualificatifs qui ne nous avance pas beaucoup.
Alors, avant de donner mon avis, disons, "personnel" sur cette question éminemment délicate, je vais faire quelques remarques très formelles et scientifiques, sur lesquelles les grammairiens s'accordent et qui ne sont pas discutées.
Bon alors, venant d'un fan de Riegel ça ne m'étonne qu'à moitié. Pour le peuple, sachez que Wilmet (Marc) a commis un ouvrage qui s'appelle "Grammaire CRITIQUE du français" et croyez-moi, il se prive pas de chier sur les autres grammairiens. Extraits pris au hasard : "Robert le Bidois se convainc en une étonnante pétition de principe" ou "Avocats plus crédibles, Wagner et Pinchon (1962) ou les formalistes Dubois (1965) et Gross (1967) bravent deux conséquences franchement désastreuses de l'hypothèse prépositionnelle." (3e éd. – désolé j'en ai pas d'autres – page 154) Si quelqu'un vous dit que les "grammairiens s'accordent" ou que des points "ne sont pas discutés" ou que ces remarques sont "scientifiques" (en vertu de l'autorité de celui qui parle), c'est de l'esbroufe. C'est une tentative d'argument d'autorité (qui marche bien avec les jeunes filles apparemment) qui annonce une faiblesse dans l'argumentation (pour les trucs rhétoriques, cf. le vilain sexiste Schopenhauer L'art d'avoir toujours raison, qui est un bon résumé).
De prime abord et à nouveau, centrons nos remarques : en matière de linguistique, nous (c'est-à-dire, les chercheurs) raisonnons en fonction de paliers, ou de niveaux d'analyses qui composent des champs d'étude distincts, mais qui se recoupent et s'influencent de façon complexe.
Ah le "nous" qui tue. Monsieur se met du bon côté pour justement faire reluire ses galons : JE suis un scientifique, etc. Ce genre de prologue n'a de raison d'être que pour une argumentation médiocre puisque toute argumentation solide tient toute seule, peu importe qui l'articule. S'ensuit une liste de définitions de concepts sur laquelle je n'aurais pas grand-chose à redire (sauf le découpage en morphème de "trouvais" qui suit l'habituel non-sens mais bon, ça c'est un autre problème, j'ai bien dit que personne n'est jamais d'accord sur la langue).
Cette précision me permet aussi de centrer les futurs commentaires : lorsque nous parlons, généralement, de "sexisme" dans la langue, l'on ne se concentre que sur les domaines de la morphologie et de la sémantique. À ma connaissance, on ne parle pas de sexisme pour la phonétique
Oh le coquin ! (spécial dédicace à la montagne des Dieux) Procédé rhétorique habile qui consiste à poser en acquis ce qu'il faudrait démontrer. En effet, le but du post c'était de montrer, voire démontrer le sexisme de la langue. En disant, que y'en a pas en phonétique (et ajoute aussi la syntaxe), ça implique qu'il y en a effectivement dans les autres domaines cités (ce qu'il était quand même censé démontrer). C'est comme de dire à une bande de Chinois : "Les voleurs, y'en a pas chez les Français".
Du point de vue morphologique, donc, la langue française connaît une opposition de genre grammatical de type masculin/féminin. Il n'existe pas, du point de vue morphologique toujours, un genre "neutre", c'est-à-dire un morphème du neutre que l'on trouverait, par exemple, dans les adjectifs.
C'est là où j'avais porté ma première objection (qui avait été balayé d'un revers de main en disant que je confondais tout et que je devrais retourner à mes études) en citant les adjectifs épicènes "orange" (après tout le e final pourrait très bien faire un morphème du neutre) et "marron" pour justement rappeler que la catégorisation en genre est une opération intellectuelle sujette à débat et que l'on peut considérer que le neutre n'a pas complètement disparu en français (l'adjectif marronne existe mais dans le sens d'avocat marron, pas dans celui de noix marron). Notre fan de Riegel aurait d'ailleurs pu trouver dans celui-ci un exemple d'adjectif neutre (p.605) avec l'adjectif "grand" (dans grand-mère). En effet, la notion d'épicène ne peut exister que si l'on considère que masculin et féminin sont une alternative exclusive et obligatoire mais un adjectif comme "facile" est-il féminin ou masculin ? Bien malin celui qui peut le dire sans contexte. Le dire épicène ne consiste qu'à botter en touche en disant qu'il s'écrit pareillement dans les deux genres. Mais autant "fort" est masculin autant "jaune" ne l'est pas forcément. L'épicène permet donc de classifier le même mot (par exemple "jaune") dans deux catégories simplement pour respecter cet a priori qu'il n'y a plus de neutre (full disclosure bis: je pense qu'il est nettement plus pratique de considérer l'épicène dans un système à genre obligatoire plutôt que de se faire chier à considérer des neutres, vagues survivances du passé. Ceci dit il n'est pas interdit de considérer ceux-ci, le sujet est justement à débat).
Sémantiquement et en relation avec cette idée, le masculin est vu comme un "neutre sémantique" (…) Néanmoins, et c'est là le problème soulevé, cette question morphologique a été étendue structurellement à toute la langue, notamment concernant les pronoms : autant, au singulier, on a essayé de garder une tripartition il/elle/on, autant il n'existe pas, au pluriel, de pronoms de rang 6 "neutre".
Vraiment ?
"Sa Majesté remet à la prudence du duc de Saint-Simon de régler sa conduite sur sa connaissance qu'elle lui donne de ses liaisons avec le roi d'Espagne, et des relations qu'elles peuvent avoir aux affaires générales; elle est persuadée, connaissant sa sagesse, qu'il saura en faire un bon usage dans le cours de la commission distinguée qu'elle lui confie; et elle veut qu'il lui rende compte (…)"
Question : quel est le sexe de la personne référencée par le pronom "elle" ? Tic tac tic tac tic tac…
Le trip des pronoms c'est surtout parce que les Anglo-américains s'écharpent dessus sachant qu'en anglais ce sont les seuls mots ayant un genre (qui pour le coup se réfère directement au sexe).
Sémantiquement enfin, les connotations des termes féminisés, et notamment des noms de métier, sont très péjoratifs (une masseuse, une serveuse, une entraîneuse... sont des termes renvoyant, par euphémisme, à des prostituées en plus de leurs dénotations respectives), sinon asymétriques (une ambassadrice est "la femme de l'ambassadeur", son équivalent de fonction étant d'un emploi "rare" selon le TLFI).
"Serveuse" voulant dire pute ??? Bon sinon, qu'il existe des termes féminins ayant une mauvaise connotation, soit, mais de là à en déduire qu'ils ont une mauvaise connotation parce qu'ils sont féminins, c'est faire une bijection simplexe...
Par ailleurs, on voit la pauvreté de l'argumentation : ambassadrice serait la femme de l'ambassadeur et pas la fonction (rare selon le TLFI, j'ai quand même 382 000 résultats pour "ambassadrice de France"). Sans blague. Les ambassadeurs étaient jadis des aristos et maintenant c'est surtout des homos (bonus pour les cumulards). Les femmes sont rares à ce poste DONC l'usage d'ambassadrice est rare. Prétendre que l'usage rare vient d'un fait sémantique est ridicule : la langue suit ici la réalité. C'est comme le masculin de l'adjectif "enceinte". C'est pas très utilisé, ça doit être la mysandrie du français, nul doute.
"Ce qui augmente la difficulté, c'est que beaucoup de femmes croiraient n'avoir rien obtenu, si l'assimilation n'était pas complète. Elles veulent porter tout crus des titres d'hommes." Wilmet c'est quand même moins chiant que Riegel.
Par contre, le féminin d'éboueur, personne ne s'en soucie, parce que seuls les titres ronflants importent, il s'agit là d'un souci de bourgeoises. Ce souci de la langue masque en fait mal une prétention sociale d'un petit groupe qui s'est trouvé un rôle de garde-chiourme sans avoir à pondre de gosses.
Voici alors les réponses faites à ceux-ci
Props pour l'honnêteté intellectuelle d'avoir avancé des contre-propositions.
Passons donc maintenant à l'argumentation elle-même. Autant dire, on va être déçu.
on s'aperçoit que le langage - tous les langages - sont bien plus motivés qu'on ne le pensait : autrement dit, non seulement du point de vue du sens, mais également du point de vue syntaxique voire morphologique, et même phonétique... le culturel serait bien plus important qu'on ne le croyait. Ce sont des choses qui évoluent encore beaucoup, au gré des recherches, des expériences, mais c'est plus ou moins le consensus aujourd'hui.
Plus ou moins, autrement dit, rien. D'abord faire tout commencer à Saussure, c'est un peu fort. Ensuite, la conclusion c'est "y a plus de culture qu'on pensait" Qui ? Saussure ne niait pas le langage, il s'intéressait à la langue. C'est qui on ? C'est combien "plus" ? Comparé à quoi ? En quoi donc cela montre que la langue en elle-même influe sur la culture ?
Attention les yeux pour le final :
De mon point de vue, je suis d'accord avec cette dernière idée et les arguments de ceux qui disent que la langue française est sexiste. Pour moi, elle ne l'est cependant pas de façon consciente, ou délibérée : il s'agit d'une construction sociale, culturelle... au même titre que le sexisme de notre société, entretenue de différentes façons et pour différentes raisons."
Et voilà. C'est démontré. Hein ? Quand ? Comment ? Ben parce qu'il le dit. Aucune démonstration rien nenni, juste une liste de propositions et de définitions et puis hop une conclusion. Désolé mais c'est pas comme ça que ça marche la démonstration. Quel beau tour de passe-passe qu'on retrouve littéralement décrit en 1993 (quel prophète ce Jean-Jacques Robrieux) dans Eléments de rhétorique et d'argumentation (p.102) :
"On a pu en effet considérer la définition comme le préambule nécessaire à une explication qui exige un accord préalable sur les concepts mis en œuvre. Mais on voit bien qu'il existe également une utilisation "dialectique" de la définition, visant à convaincre, autant – et même plus – qu'à expliquer, et même "manipulatrice" dans certains cas? Faut-il s'en étonner ? Faut-il le déplorer ? Il serait sans doute simpliste de croire que le discours scientifique, objectif et rationnel, sert de modèle aux autres situations de communication."
Le tour de passe-passe c'est de prétendre à la scientificité de son discours dans une autre situation de communication pour justement pouvoir se passer de l'argumentation et de se contenter de définitions, càd asséner des axiomes. C'est ce que fait constamment ceux - pardon - celles qui citent des références (sans pagination, donc inutiles) et exigent des citations en retour.
Reste que ce sont là des questions délicates, et on ne saurait prétendre atteindre un quelconque objectivisme, les preuves scientifiques finissant toujours par se confronter à des questions sociales complexes, fondées sur des à priori ou des postulats parfois difficilement démontrables de façon rigoureuse et objective.
On s'autorise à penser, dans les milieux autorisés… Bref, toute cette belle démonstration pour in fine se reposer sur des impressions personnelles (par contre autrui ne doit en aucun cas se baser sur juste des impressions personnelles. Il faudra filer les requêtes CQL faites dans TXM ainsi que le corpus en XML pour pouvoir à la limite considérer le propos).
Conclusion perso : la langue française n'est pas sexiste ou non-sexiste ou quoi que ce soit. Il n'y a aucune corrélation entre sexisme et langue. Si on dit que la culture influence la langue et que la langue cristallise la culture, on enfonce les portes ouvertes. N'importe quel lecteur de manga comprend que "sempai" et "kohai" sont intraduisibles en français parce que ces mots se réfèrent à des réalités culturelles étrangères. La hiérarchie si importante dans la société japonaise se retrouve bien évidemment dans la langue (à tel point qu'il y a des termes différents pour grand ou petit frère/sœur et les verbes donner et recevoir selon la position des personnes considérées). Allez ensuite arguer que la société japonaise est hiérarchique A CAUSE du langage, c'est à se pisser dessus parce qu'il faudra alors expliquer pourquoi ils ne sont pas devenus Chinois ou Américain vu la quantité astronomique de termes empruntés. Bon alors le français n'a pas d'équivalent pour le terme "sibling" en anglais, 兄弟 en japonais. Certes mais quel est l'impact de cela sur la société ? SEXISME. Aucune démonstration nulle part, juste asséner après des définitions.
L'italien dit "Lei" (Elles) pour l'adresse polie à autrui, là où le français dit "Vous". Mussolini trouvait que ça faisait trop fiotte et a essayé sans succès d'imposer le "voi". Comme chacun sait, les Italiens sont, en comparaison des Français, de parfait non-sexistes. Le japonais lui ne contient aucun genre. Comme chacun sait, le sexisme est très peu présent dans l'archipel grâce à cette langue non genrée et totalement inclusive. En fait, les promotrices de l'écriture inclusive font comme Mussolini : elles veulent réguler le langage pour inculquer des idées politiques.
Si le genre dans une langue influe le sexisme de la société, alors il s'ensuit logiquement que les mêmes causes produisent les mêmes effets, et que l'absence de cette cause mitigera le sexisme. Où sont les études entre langues et cultures différentes ? Les contre-exemples sont pléthores. Les mêmes qui à raison n'avalent pas les billevesées sur le "génie" de la langue, balancent par contre l'inverse sur le "mauvais génie" de la langue. Ce sont les deux faces de la même pièce. Il faut soit admettre les deux, soit rejeter les deux. Mais bon, on ne s'embarrasse plus trop de la cohérence.
J'ai pas encore entendu nos féministes dire "Elle pleut aujourd'hui" "Elle faut une égalitée des postes" mais peut-être ça ne tardera pas. Tout ce cirque ne vient que de la médiocrité des universitaires "travaillant" sur le genre, qui consiste à traduire les âneries américaines qui ne sont publiées que du fait du "publish or perish". 90% des publications en sciences humaines ne sont jamais lues et y'a pas trop de mal.
submitted by lestratege to RadioLondres [link] [comments]

[Actu. Gram.] La grammaire de texte : concepts et principes

La grammaire contemporaine s'accorde à faire de la phrase l'unité d'analyse fondamentale de la syntaxe et de la grammaire. Il s'agit cependant ici davantage d'un axiome que d'une conclusion naturelle, le concept même de phrase étant, encore aujourd'hui, sujet à débat. Il s'agit d'une notion grammaticale qui ne fut établie, sous sa forme actuelle, que dans le courant du 18e siècle (on consultera l'ouvrage déterminant de Jean-Pierre Seguin, L'invention de la phrase au 18e siècle, ainsi que celui de Gilles Siouffi sur Le génie de la langue française pour avoir un aperçu de l'histoire de cette notion), remplaçant ainsi l'unité de la période comme structure fondamentale, et sa définition, ou plutôt ses définitions, souffre de nombreux défauts. En effet, aucun des critères régulièrement avancés par les grammairiens ne peut, en lui-même, définir de façon stable une phrase :

D'autres arguments ont été depuis avancés, que ce soit à l'oral (une phrase se caractériserait par un intonème spécifique), à l'écrit (cf. ci-dessus) ou dans le discours en général (une phrase se caractériserait par la possibilité de lui attribuer un "type", interrogatif, déclaratif, exclamatif, etc., les listes varient, parfois fondamentalement, selon les grammairiens), mais tous souffrent d'imprécisions fondamentales. Partant, l'on considère aujourd'hui la phrase comme une sorte d'entité théorique, conjonction de divers éléments de nature très diverse, acceptée comme telle mais sans représentation concrète en discours.
Partant, pour proposer une description plus nette des phénomènes discursifs, qui s'appuierait sur les réalités des productions linguistiques des locuteurices, une autre unité d'analyse a été proposée : le texte, dont la définition, du moins dans un premier temps, est davantage stabilisée. Cette école grammaticale a alors été désignée sous le terme de "grammaire de texte", ou "linguistique textuelle" : c'est l'école dont je me sens la plus proche et dont je vais présenter, ci-après, les grands concepts.

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Définition du texte
Au cœur de cette école se trouve donc le texte, qui sera défini selon deux critères :

À cela, on ajoute également une troisième observation :

Ces définitions font de la notion de texte une sorte de tissu, en jouant sur son étymologie (texte étant de la même origine latine que textile). De la même façon qu'un vêtement est un objet aux limites observables, il est composé d'une multitude de fibres enchevêtrées entre elles ; mais moins qu'à la nature de la fibre, c'est leur relation complexe qui intéresse la grammaire textuelle. Sur les trois critères discriminés plus hauts, seuls les deux premiers sont opérationnels : la troisième observation est une tendance fréquemment observée, mais qui est contingente, et non nécessaire, à la définition du texte. Partant, un texte sera défini par ce que l'on appelle (i) la cohérence textuelle, soit "le fait qu'un texte soit senti comme texte" ; (ii) la cohésion textuelle, soit les mécanismes linguistiques qui permettent d'atteindre ce premier résultat. Le troisième élément (iii) la connexité textuelle, est encore mal comprise aujourd'hui, mais j'y reviendrai néanmoins. Ainsi, ne seront pas considérés comme texte les suites de séquences ne présentant aucune progression (1) et les suites de séquences n'ayant aucun lien linguistique entre elles, que ce soit au niveau de la forme (2) que du sens (3).

(1) Jean va à la plage. Jean va à la plage. Jean va à la plage. Jean va à la plage. Jean va à la plage.
(2) Marie est gentille. Le chat est blanc.
(3) Marie est autrice. Elle tourne autour du soleil.

On notera que dans les exemples précédents, la grammaire traditionnelle peut identifier des phrases : mais ces assemblages ne permettant pas de donner un "effet de texte", ils seront considérés comme en-dehors du domaine de la grammaire de texte. Partant, la grammaire textuelle étudie exclusivement des productions discursives concrètes, attestées, que ce soit à l'écrit ou à l'oral (on utilise indistinctement le terme de texte dans ces deux cas, puisque la notion telle que définie est formelle, et ne s'attache pas au mode de production de la suite linguistique).

Types de progression thématique
Pour construire un "effet de texte", il convient donc dans un premier temps de faire un texte cohérent. La cohérence textuelle s'obtient en proposant une évolution, la définition minimale de la textualité s'entendant donc comme "suite de séquences linguistiques s'acheminant vers une fin". Pour ce faire, il convient de mettre en place des acteurs de la textualité, soit des référents, agissant par le biais de différentes prédications. Un texte doit toujours apporter de l'information nouvelle : par convention, on appelle cette information nouvelle le rhème. L'élément sur lequel est apportée cette information sera alors appelé le thème, qui, par miroir, sera assimilé à un élément "connu", de différentes façons. Cette dynamique thème-rhème s'exprime généralement de trois façons dans les textes :

1) Progression à thème constant
Dans la progression dite à thème constant, le thème est fixé et on lui apporte successivement différents rhèmes. On aurait donc quelque chose de cet ordre : Thème => Rhème 1, Rhème 2, Rhème 3 (4).

(4) Jean (Thème 1) va à la plage (Rhème 1), pose sa serviette sur le sable (Rhème 2) et nage quelques minutes (Rhème 3).

2) Progression à thème linéaire
Dans la progression dite à thème linéaire, le thème d'un moment donné de la progression textuelle était le rhème d'un thème précédent. On aurait donc quelque chose comme (où les lettres désignent des thèmes, et les chiffres des rhèmes) : A => 1/B, B => 2/C, C => 3/D etc. (5)

(5) La maison (A) a une grande entrée (1/B). L'entrée (B) mène à la cuisine (2/C). La cuisine (C) abrite une gazinière (3/D)...

3) Progression à thème éclaté
Dans la progression dite à thème éclaté, un thème initial, ou "hyperthème" se voit divisé en différents "sous-thèmes" qui partagent avec lui une relation d'aliénation, de différentes façons (découpe partonomique, lien sémantique...), et qui introduisent chacun un nouveau rhème. On aurait donc quelque chose comme : Thème A => Rhème 1, Thème A1 => Rhème 2, Thème A2 => Rhème 3, etc. (5)

(5) Le cheval (Thème A, "Hyperthème") est un bel animal (Rhème 1). Sa robe (Thème A1, "Sous-thème 1") est vive. Ses jambes (Thème A2, "Sous-thème 2") sont musclées (Rhème 2)...

Ces différentes progressions thématiques ne sont pas mutuellement exclusives et s'interconnectent souvent. On trouve ainsi régulièrement des sortes de "progression thématique à tiroirs", plus ou moins complexes (6).

(6) (a'/ Marie est une autrice. Elle écrit des [romans. b/ Des romans aux personnages complexes. Ces personnages complexes sont inspirés de sa vie passée. c/ {La vie passée de Marie est sa principale source d'inspiration.] Les amis perdus de Marie également.} a''/ Elle continue d'écrire alors, elle continue de composer, dans l'espoir de trouver un sens à son existence.)

Dans ce dernier exemple ainsi, les deux premières phrases a'/ développent une progression à thème constant sur le thème "Marie". Puis, on passe (b/) à une progression linéaire, avec le changement de rôle des référents "romans", "personnages" et "vie passée". Ce dernier référent est à l'origine d'une progression à thème éclaté (c/), les référents "La vie passée de Marie" et "Les amis perdus de Marie" étant aliénés à l'hyperthème "Marie". On retrouve ensuite dans un troisième temps (a''/) un développement à thème constant, reprenant le thème initial du texte.

Cohésion textuelle
Comme on a pu le voir, l'identification de ces différentes progressions thématiques se fondent partie sur l'identification des rhèmes, partie sur l'identification des thèmes ; or, pour déterminer qu'un thème a déjà été donné ou bien est nouvellement apparu dans le texte, il faut observer si son expression à un moment donné du continuum textuel rappelle, ou non, une mention ultérieure. Cette capacité de reconnaissance ou d'identification fonde l'étude de la cohésion textuelle, qui est donc à considérer sous l'angle de la reconnaissance du même référent de séquence textuelle à séquence textuelle. Quelque part, un texte doit "avancer en se répétant", ce qui peut apparaître contradictoire. Je donne souvent à mes étudiant.e.s l'image du rugby, un sport où l'on doit avancer tout en passant la balle derrière soi.
En français, cette cohésion textuelle s'exprime principalement par l'emploi d'expressions anaphoriques. On appelle "anaphore" une expression linguistique dont l'interprétation dépend d'une autre expression linguistique. Cette expression peut être située en amont de l'instrument de reprise (7a), et plus rarement en aval (7b). On parle alors en ce cas de cataphore, le terme d'anaphore étant néanmoins employé généralement comme hyperonyme.

(7a) Jean va à la plage. Il est matinal. (le pronom Il renvoie à Jean).
(7b). Il va à la plage. Jean aime être seul. (idem)

La relation entre l'outil anaphorique et le référent auquel il renvoie, dit aussi antécédent, peut être prise en charge par un groupe nominal (8a), un pronom (8b) ou un adverbe (8c), les deux premiers cas de figure étant les plus représentés.

(8a) Jean va à la plage. Ce grand sportif est matinal.
(8b) Jean va à la plage. Il est matinal.
(8c) Jean va à la plage. , personne ne le dérangera.

La relation anaphorique peut également être différente, selon les propriétés référentielles qu'elle reprendra. On distinguera alors, si l'anaphore est nominale :

(9a) Une petite fille s'approche de moi. Cette petite fille a les yeux bleus.


(9b) Une fille s'approche de moi. Cette fillette/La petite fille a les yeux bleus.


(9c) Une petite fille s'approcha de moi. Cet événement me troubla.


(9d) Le cheval est un bel animal. Sa robe est vive. Ses jambes sont musclées.

Et si l'anaphore est pronominale :

(9e) Marie est autrice. Elle compose des romans.


(9f) Marie est une grande autrice. Tu le sais bien.

Comme on l'a vu avec l'exemple (6), ces différentes opérations anaphoriques ne sont pas mutuellement exclusives et peuvent se retrouver en association avec tous les types de progression thématique, quand bien même existerait-il des prototypes d'emplois : ainsi, on s'attend davantage à trouver des anaphores fidèles, infidèles et complètes pour une progression à thème constant ou linéaire, et des anaphores associatives pour une progression à thème éclaté. Cela ne saurait cependant constituer une règle générale, mais bien des tendances d'écriture, tendances qui, du reste, ont considérablement évolué au cours de l'histoire de la langue.

Connexité
La notion de connexité est, aujourd'hui, la moins étudiée en grammaire de texte. D'une part, il a été prouvé que cette opération n'est absolument pas nécessaire pour créer un "effet de texte" (voir, par exemple, l'article de Dominique-Guy Brassart, "Effet des connecteurs sur le rappel de textes par des enfants de 8 et 10 ans bons et mauvais lecteurs et des adultes"), la succession de la dynamique thème-rhème et des opérations anaphoriques permettant de restituer, par induction, une interprétation rhétorique. D'autre part, les instruments créant la connexité sont nombreux, et de nature diverse, tant et si bien qu'il est difficile d'en établir une typologie stabilisée. Ces instruments, nommés généralement "connecteurs", sont des instruments inter-phrastiques ou inter-séquentiels qui ne sont ni référentiels, ni prédicatifs, mais agissent au niveau de l'interprétation rhétorique ou argumentative du texte. Parmi ces connecteurs, on peut distinguer :

Genres et séquences textuelles
L'analyse de ces différents éléments, au sein d'un corpus de textes donnés, a permis d'élaborer des "modèles de textualité", soit des configurations prototypiques dans lesquelles on retrouvera un certain type de développement thématique, amené grâce à l'emploi de certaines anaphores et dans lesquelles on trouvera certaines marques de connexité. À nouveau, ce sont des tendances générales de textualité et certains textes résistent à l'analyse. On distinguera, dans tous les cas, deux niveaux de prototypes : (i) la séquence textuelle et (ii) le genre textuel.

1) Séquences textuelles
On définira la séquence textuelle comme une suite linguistique d'une grande cohérence textuelle et dans laquelle l'on peut retrouver des phénomènes suivis de cohésion et de connexité. On les classe, généralement, selon la perspective interprétative ressentie à la lecture, et on distinguera :

a/ La séquence narrative, qui se caractérise généralement par une progression à thème constant et évoluant vers une finalité narrative.
b/ La séquence explicative, qui vise à expliquer l'existence ou le comportement dudit référent thématique.
c/ La séquence argumentative, qui présente un très grand nombre de connecteurs.
d/ La séquence dialogale, qui présente un dialogue entre plusieurs référents.
e/ La séquence programmatrice, qui explicite les actions à faire pour atteindre un certains résultats.

Ces séquences, classification a posteriori de l'effet des textes, permettent ainsi d'expliquer certaines caractéristiques textuelles.

2) Genres textuels
De la même façon que les séquences, l'élaboration des genres textuels permet d'expliquer certaines caractéristiques textuelles. Il se définira comme une association de séquences textuelles et se fonde, encore une fois, sur une expérience de lecteurice. La classification générique est cependant loin de faire consensus, car dépendante du paysage littéraire contemporain au texte analysé. On s'accordera cependant sur plusieurs genres prototypiques, dont :

a/ Le texte narratif, qui se caractérise par une narration suivie, généralement d'un référent précis.
b/ La poésie, qui se caractérise par une attention forte portée à l'esthétique du langage.
c/ Le théâtre, qui formalise des échanges dialoguées entre plusieurs personnages.
d/ Le texte argumentatif, qui vise à opérer une démonstration sur un sujet quelconque.
e/ Le texte programmatif, qui vise à "faire faire" quelque chose.

On notera que le genre textuel est une catégorie globalisante : ainsi, on peut trouver dans le texte narratif des séquences narratives, explicatives, argumentatives, dialogales, etc. et ainsi de suite. Cette dimension supplémentaire crée une strate d'interprétation complémentaire aux autres données et enrichissent l'analyse.

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Avantages et défauts conceptuels
Comme toute théorie et comme toute école grammaticale, la grammaire de texte n'est pas sans qualités, ni sans défauts : comme toujours, il convient d'être au fait des forces et des faiblesses de cette approche pour en comprendre ses champs d'application et ses limites.

L'intérêt primordial de la grammaire de texte, il me semble, est de proposer un cadre théorique travaillant, et s'intéressant exclusivement, à des énoncés attestés. En ce sens, il permet d'analyser non seulement de véritables occurrences de discours, en faisant fi de la notion de "grammaticalité" qui a souvent cours en grammaire de phrase, pour se concentrer exclusivement sur les énoncés interprétables et faisant texte. Partant, elle permet de s'intéresser à des énoncés atypiques, ou en-dehors du champ de la recherche grammaticale traditionnelle qui, par son histoire notamment en France, consacre une très grande part de son analyse à la littérature d'une part, à l'écrit fictionnel de l'autre. Le grammairien textuel étudiera ainsi, et avec la même démarche scientifique, autant des romans que des posts facebook, autant le discours publicitaire qu'une recette de cuisine.
Par ailleurs, la position surélevée qu'elle propose au regard de la grammaire de phrase lui permet d'analyser sans problème aucun des phrases atypiques dont nous avons parlé en introduction, qui sont difficiles à décrire dans le cadre de la phrase, mais qui sont réinvesties sans mal une fois prise en compte la dimension textuelle. Elle permet également de décrire des phénomènes interphrastiques divers que la grammaire de phrase ne peut expliquer, faute d'appareillage conceptuel suffisant. Cette prise en compte de la dynamique textuelle lui permet également de faire un lien avec les disciplines de la rhétorique et de l'argumentation, voire de la stylistique et de la littérature, tandis que ces champs disciplinaires sont généralement considérés comme en-dehors des préoccupations des grammairiens. De même, sa démarche lui permet d'analyser avec les mêmes outils autant l'écrit que l'oral, autant les textes d'apprenant.e.s que ceux des locuteurices expert.e.s.

En revanche, on notera une certaine complexité quant à l'application exacte de ces différents préceptes. Il est, ainsi, parfois difficile d'identifier le thème et le rhème d'un moment précis du texte : si certains indices morphosyntaxiques orientent l'analyse, ils ne sauraient constituer des preuves en tant que telles. Notamment, si l'on a tendance à associer le thème à la fonction sujet, divers effets syntaxiques, la diathèse passive par exemple, tant à aller contre cette idée. De même, l'enchevêtrement complexe des progressions thématiques et des différentes anaphores, ainsi que l'évolution des pratiques textuelles dans le temps, dont nous parlerons en temps voulu, rend les généralisations, ne serait-ce qu'en synchronie, particulièrement périlleuses.
Il en va ainsi particulièrement de l'analyse en termes de séquences et de genres de texte : il est, ainsi, difficile de distinguer souvent une séquence explicative d'une séquence argumentative et, plus largement, de poser des bornes identifiables à ces séquences. Le texte étant un continuum par définition, toute recherche d'unités intermédiaires ne peut être qu'artificielle et se fonde sur l'intuition de celui ou de celle qui fait l'analyse : et nous retrouvons là, alors, la principale critique faite à la grammaire de phrase. Il sera donc de bon ton de mâtiner cette approche avec d'autres, notamment les acquis de la grammaire de l'énonciation.

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Pour aller plus loin, voici quelques éléments de bibliographie :

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ULSTER | FRENCH MINECRAFT MMORPG Dark Fantasy

Bonjour à tous,
Le projet ULSTER en partenariat avec Revolta Hosting ( https://www.revolta-hosting.f )
-Introduction & Informations : Dans les grandes lignes, ULSTER est un serveur MMORPG, ainsi que full-RP si on veut le ranger dans une case plus classique. Il s'intègre dans un univers Dark Fantasy. C'est un projet de serveur Minecraft uniquement, un site y sera associé et sera essentiel pour tout joueur. Explications plus loin. Une page Youtube sera aussi utile, voir nécessaire. Une page Twitter est disponible pour suivre l'avancement du serveur ( https://twitter.com/@ULSTER_Inc )
-Géographie : Le terrain de jeu est une map de 8000x8000, composée de 3 grandes îles. Luu, Maenn, et Ullish. Le joueur débute son aventure à Luu. Chaque île dispose de sa géographie personnelle, son histoire personnelle, son architecture, ses caractéristiques, ... Luu est aussi bien composée de plaines herbeuses que de marécages, de montagnes hautes enneigées que de denses forêts de conifères. Maenn est une grande île rocheuse couverte de ruines. Se balader à travers Maenn, c'est comme s'aventurer dans un gigantesque château gothique en ruine. Ullish correspond au grand nord. Des plaines glacées, des toundras, des fjords. Luu est civilisée, entre autres par les 2 grandes capitales du serveur, des cités gigantesques effervescentes. On y trouvera d'autres villages d'architectures variées, hostiles tout comme hospitaliers. Maenn ne comporte que de sommaires campements de survivants, établis en haut de tours prêtes à s’effondrer, ou au sein de cathédrales éventrées. Ullish abrite un peuple se contentant de survivre aux conditions qu'impose le territoire. Faire face au froid, se nourrir.
-Gameplay : Prenons le point de vue d'un joueur : Vous spawnez, suite à une petite introduction par animation vidéo, vous vous retrouvez dans un petit village, dans lequel vous ferez vos premiers pas.
Bien évidemment, les actions sont contenues par le staff afin que le role play se mette en place de manière convenable, sans résulter en un chaos total, synonyme de spawn-kill, grief, et j'en passe.
Les interactions entre joueurs sont totalement libres : échanges et commerces, combats, guildes, propriétés, sécurités, coopérations, guerres, ... Mais elles n’empêcheront jamais en rien le gameplay initial du serveur : possibilité de farmer pour crafter, s'équiper, stocker (ou non) où bon nous semble, looter, découvrir des lieux uniques, dont certains cachés et à découvrir grâce à l'exploration du lore, défaire les donjons et les bosses associés.
Le site web et la chaine Youtube permettront d'héberger les vidéos, et artworks associés au serveur : les explications sur l'utilisation des features, du gameplay en général figureront dans une vidéo. La liste complète des crafts possibles sera consultable sur un artwork prévu à cet effet.
-Informations, Fonctionnalités & Concret : -Concrètement, les combats entre joueurs sont des combats à l'épée et au bouclier, utilisant les compétences des armes, des équipements, et les sorts : faites des sauts propulsés grâce à des jambières mécanisées, crachez des flammes grâce à votre panoplie draconique, faites pleuvoir des météores grâce à votre tout nouveau sort obtenu en ayant vaincu Astriel, frère des étoiles, envoyez des boules de feu, de magie noire, de glace, chacune produisant un effet différent sur votre cible, ... - Commencez l'aventure avec 3 cœurs, terminez la avec plus de 2 rangées complètes et plusieurs dizaines de points d'attaque - Un expérience quelque peu exigeante - Inspiration de Dark Souls à travers divers aspects, du fonctionnement général des MMORPGs, ... - Une grande variété de monstres originaux, avec des attaques personnalisées, des combats de bosses uniques - Des minerais de notre création - Des mises à jours fréquentes seront prévues, ajoutant des tonnes de contenu, probablement des fonctionnalités, nouveaux items, pourquoi pas des donjons, des nouveaux monstres, ... - Tout est prévu pour la sortie d'une V2 (dans un futur lointain) : nouvelle map, évolution de l'histoire principale, etc
-Informations : (!) Le projet a l'ambition d'être entièrement réalisé en vanilla. Seul WorldEdit est présent pour la construction de la map, ainsi que GroupManager afin de répertorier le staff. Absolument tous les éléments sont gérés par un développement en command-blocks. Protection de la map, sorts, monstres, ... l'intégralité du serveur est fonctionnelle grâce aux command-blocks. Dans l'avenir, selon les retours des utilisateurs, il sera envisageable d'utiliser texture-packs, plugins ou même mods. Mais la sortie initiale se veut vanilla. Cela permet par ailleurs une réduction des lags, une gestion plus propre de tous les aspects du serveur, et une indépendance. (!) Etant donné l'ampleur et la densité du projet Ulster, j'ai probablement oublié certaines choses, et il se peut que je n'eusse pas été clair sur tous les points, auquel cas je vous invite à me réclamer ce qu'il vous manque. Autrement vous pouvez rejoindre notre Discord (https://discord.gg/cQq7xbU) afin de rencontrer l'ensemble du staff : Owners : Wexyb & NNOD & Wagenshu Administrateurs : Lilooman & Vakama & Elyzevae & Guwarpeur
Le projet n'a besoin d'aucun membre supplémentaire pour avancer à vitesse grand V. Le seul élément manquant est l'hébergement que nous vous demandons, afin de construire la map, nous amenant directement à la sortie officielle du serveur.
Merci d'avoir lu. Cordialement le staff de Ulster.
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Après les attentats criminels contre Charlie Hebdo et le supermarché juif - A bas la croisade antimusulmans du gouvernement capitaliste ! (Part 1) (Mars 2015)

https://archive.is/NPZQJ
Le Bolchévik nº 211 Mars 2015
Après les attentats criminels contre Charlie Hebdo et le supermarché juif
A bas la croisade antimusulmans du gouvernement capitaliste !
A bas Vigipirate !
Un mois après le meurtre criminel de Juifs – visés pour la seule raison qu’ils étaient juifs – et de journalistes de Charlie Hebdo à Paris par trois intégristes islamiques, Hollande a déclaré lors de sa conférence de presse du 5 février qu’il fallait prolonger l’« esprit » des manifestations du 11 janvier. La République « sera intraitable, implacable », a-t-il ajouté. Hollande et d’autres dirigeants internationaux ont tous saisi ces meurtres comme une occasion d’étendre davantage leur « guerre contre le terrorisme ». La réaction islamique dans les banlieues françaises est alimentée par la ségrégation et la discrimination racistes, qui visent principalement les jeunes de familles musulmanes, ainsi que par la terreur impérialiste dans le monde musulman.
« Le premier défi que la France a à affronter, c’est la lutte contre le terrorisme », a déclaré Hollande lors de la conférence de presse. Il s’est félicité de « protéger la zone du Sahel » en Afrique avec les troupes françaises, qui se battent aussi en Irak contre les intégristes islamiques. On n’a pas besoin d’être marxiste pour comprendre que les troupes françaises ont envahi le Mali il y a deux ans, et plus récemment le Niger, non pas pour protéger la population locale contre la loi islamique mais pour sécuriser les mines d’uranium exploitées par le français Areva au Niger, non loin de la frontière avec le Mali, ainsi que d’autres intérêts français dans la région. Le Niger fournit près du tiers de l’approvisionnement en uranium des usines nucléaires françaises. Troupes françaises hors d’Afrique, hors du Proche-Orient !
Les guerres et les occupations militaires sont inhérentes au système capitaliste en décomposition : pour s’opposer à la guerre impérialiste il faut lutter pour la révolution socialiste. Les déprédations impérialistes, qui se multiplient depuis la destruction contre-révolutionnaire de l’Union soviétique au début des années 1990, attisent le fondamentalisme islamique. La montée de la réaction islamique dans le monde musulman lui-même est le produit de machinations impérialistes, ainsi que de la faillite du nationalisme bourgeois laïque et du stalinisme dans la région. Par exemple, ce sont les trahisons de l’OLP nationaliste et laïque qui ont pavé la voie à la montée de groupes islamistes réactionnaires comme le Hamas. Le Hamas était initialement soutenu par les dirigeants sionistes en Israël pour faire contrepoids à l’organisation de Yasser Arafat.
En Afghanistan les impérialistes ont soutenu massivement, avec de l’argent et des armes, le djihad contre l’Union soviétique dans les années 1980, et les services secrets français et autres ont pendant des années joué un rôle trouble en soutenant les insurgés islamistes en Syrie jusque tout récemment. A chaque nouveau massacre que commettent les impérialistes dans les pays victimes de leurs campagnes de bombardements, c’est une nouvelle vague de combattants islamistes qui se crée.
Du fait de leur puissance militaire, politique et économique, les impérialistes sont les plus grands criminels du monde, mais les intégristes islamistes, qui n’ont pas les mêmes moyens, ne sont pas moins enclins à l’arriération et à la violence. Des groupes comme Al-Qaida ou l’Etat islamique (EI) recrutent aujourd’hui des milliers de jeunes à leur vision du monde féodale, où la femme est à peine mieux considérée que les esclaves et où les Juifs sont mis sur le même pied que les sionistes assassins qui dirigent Israël. En ce sens les islamistes partagent la perspective des dirigeants de l’Occident impérialiste raciste, pour qui toute personne d’origine musulmane représente le nouvel « ennemi intérieur » qu’on met à toutes les sauces, et l’« ennemi extérieur » officiel. Les impérialistes renforcent au nom de la « guerre contre le terrorisme » leur arsenal répressif, et ils mènent la guerre contre les travailleurs ici et à l’étranger.
Il suffit de voir l’attitude de la bourgeoisie française et de ses partenaires impérialistes face à d’autres attaques terroristes ces dernières années pour faire ressortir leur hypocrisie et leurs véritables préoccupations. En octobre 1980 des terroristes avaient attaqué la synagogue de la rue Copernic à Paris ; c’était la première attaque meurtrière contre des Juifs français depuis le régime de Vichy. Le Premier ministre de l’époque, Raymond Barre, avait qualifié cette attaque d’« attentat odieux qui voulait frapper des Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ». Par mégarde il révélait ainsi les profonds préjugés antijuifs de la bourgeoisie française en insinuant que les Juifs n’étaient peut-être pas vraiment français, et en même temps qu’ils n’étaient peut-être pas non plus innocents. La bourgeoisie française encensait à l’époque les moudjahidin réactionnaires à la Ben Laden en Afghanistan, les voyant comme des « combattants de la liberté » contre l’Union soviétique.
Toujours dans les années 1980 des fondamentalistes catholiques avaient déposé des bombes dans des cinémas français, qui firent un mort et une dizaine de blessés. Ils cherchaient à stopper la diffusion du film de Scorsese la Dernière Tentation du Christ ainsi que celle d’Une affaire de femmes, de Chabrol, à propos d’une femme française exécutée pour avoir effectué des avortements sous Vichy. Il n’y a pas eu en réaction de grandes manifestations « républicaines » pour défendre la liberté d’expression.
Et il n’y a pas eu non plus de grand-messe de chefs d’Etat du monde impérialiste quand Anders Behring Breivik a tué huit personnes avec une camionnette piégée à Oslo et massacré 69 jeunes sociaux-démocrates lors d’un camp d’été il y a quatre ans. Breivik a déclaré que sa principale motivation pour ce carnage était de faire de la publicité pour son « manifeste » nationaliste blanc, antimusulman et anti-femmes. L’attitude des impérialistes vis-à-vis de ce genre de crime montre qui ils sont : pour eux des massacres antimusulmans ne sont pas des attaques terroristes.
« Nous sommes Charlie », ou croissance des fascistes et répression policière
L’« esprit de Charlie » soufflait manifestement lors de la législative partielle dans le Doubs début février : le FN a presque gagné en faisant campagne contre le « péril islamique ». Nous avions fait remarquer dans notre déclaration après les attentats de janvier, publiée ici page 26, que le déploiement d’« union nationale », de chauvinisme français et de « valeurs républicaines » antimusulmanes renforcerait les fascistes. Le 12 février cinq lycéens ont profané des centaines de tombes dans un cimetière juif à Sarre-Union en Alsace en faisant des saluts nazis et en crachant sur des étoiles de David. Dans le mois qui a suivi les attaques de janvier, le Collectif contre l’islamophobie en France a déjà enregistré 33 attaques contre des mosquées et salles de prière.
Le FN a doublé son score de 2012 lors de cette élection, dans un contexte d’abstention ouvrière importante, elle-même alimentée par de profondes désillusions face à la politique violemment anti-ouvrière menée sans relâche par le gouvernement Hollande. Le député PS sortant, Pierre Moscovici, était membre de ce gouvernement jusqu’à sa mutation à Bruxelles. Moscovici, un homme de paille de la famille Peugeot, a joué son rôle dans la politique d’austérité et de restructurations industrielles dont le résultat localement a été un dégraissage massif à l’usine de Peugeot Sochaux. Sochaux était pendant des dizaines d’années la plus grosse usine automobile du pays ; ses effectifs sont passés de 40 000 à 10 000 ouvriers.
La croissance du FN, la seule force politique significative s’opposant à l’UE et à l’euro, est alimentée également par le fait que la gauche continue à soutenir l’UE, synonyme d’austérité et d’une dislocation économique croissante qui affecte toute la société (voir nos articles sur la Grèce pages 29, 30 et 32). A gauche les réformistes passent leur temps à diffuser le mensonge que si par en bas on fait un peu plus pression l’UE pourrait devenir « sociale » et donner quelques miettes aux travailleurs et aux pauvres. A bas l’Union européenne capitaliste-impérialiste !
Ce gouvernement a aussi saisi l’occasion offerte par les attentats de janvier pour remettre en cause les libertés et enrégimenter davantage l’ensemble de la population. Il mène ses attaques au nom de la défense de la « liberté d’expression ». Nous avons dénoncé dans notre déclaration du mois de janvier les dirigeants syndicaux qui ont embrassé la campagne « Charlie » de la bourgeoisie, une campagne d’« union » avec la classe dirigeante « républicaine ». Le mouvement ouvrier doit se mobiliser pour défendre les enseignants et les travailleurs qui sont sanctionnés parce qu’ils ont refusé de marcher au pas de l’unité nationale pour « Charlie » et de se prosterner devant ses caricatures racistes. Une attaque contre un est une attaque contre tous !
Il y a aujourd’hui dix mille soldats en armes qui patrouillent le pays dans le cadre de Vigipirate. Des centaines d’embauches sont annoncées dans la police politique (la DGSI) et on projette l’extension des quartiers d’isolement et la création de mini Guantánamo pour les prisonniers qualifiés de musulmans radicaux. L’UMP et le FN réclament de plus en plus l’élargissement des critères pour déchoir les gens de leur nationalité et pour équiper les flics de davantage d’armes lourdes, entre autres mesures plus draconiennes les unes que les autres.
Le gouvernement a introduit en février un dispositif de type « Big Brother » dans l’objectif de faire marcher droit les exploités et les opprimés. L’« Office central de lutte contre la cybercriminalité » a été créé dans le cadre de la loi sur la « lutte contre le terrorisme » de novembre dernier. Cet « organe administratif », comme le décrit le gouvernement, peut maintenant bloquer des sites internet sans devoir en référer d’abord à un juge. Il vise déjà la fermeture de 50 sites « djihadistes ».
De plus un nouveau projet de loi va être discuté en mars pour donner davantage de pouvoirs à l’Etat pour étendre et légaliser l’opération de surveillance déjà en place, et qui est massive. Suite aux révélations d’Edward Snowden concernant le réseau d’espionnage américain en 2013, le Monde a révélé que la DGSE a son propre programme de surveillance électronique et qu’elle stocke les données téléphoniques et internet de la population avec des méthodes similaires à celles du programme PRISM de la NSA américaine révélé par Snowden. Nous exigeons : Libération de Chelsea Manning ! Bas les pattes devant Edward Snowden ! Bas les pattes devant Julian Assange !
Le NPA et LO rendent hommage à Charlie Hebdo
Il faut condamner le meurtre répugnant de la rédaction de Charlie Hebdo, mais cela ne veut pas dire qu’on doive fermer les yeux sur son arriération antimusulmans. Les Verts, le Parti de gauche et le PCF ont tous pris part à l’« union sacrée » pour Charlie, mais les groupes réformistes comme Lutte ouvrière et le NPA ont également prêté serment de loyauté républicaine avec « nous sommes Charlie ». Si un historien libéral israélien comme Schlomo Sand a pu déclarer que « dans la majorité des caricatures sur l’islam publiées par l’hebdomadaire, au cours de la dernière décennie, j’ai relevé une haine manipulatrice destinée à séduire davantage de lecteurs, évidemment non-musulmans », la soi-disant « extrême gauche » ici, NPA et LO, a au lieu de cela noirci des pages et des pages en l’honneur de ce journal qui était devenu un outil de la « guerre contre le terrorisme » de la bourgeoisie.
Le NPA a publié une pleine page de caricatures politiquement correctes « en hommage » à Charb et compagnie, en faisant remarquer qu’ils les avaient « côtoyés et appréciés ». Ils ont quand même émis une petite réserve en ajoutant « même si depuis un certain temps, des désaccords nous ont amenés à débattre et à polémiquer avec Charlie hebdo » (l’Anticapitaliste, 15 janvier). Pour Lutte ouvrière (LO), rien de tel ; aucune indication qu’ils critiquaient les provocations racistes incessantes de Charlie Hebdo. Ils ont eux aussi publié une série de caricatures sous un grand titre « Merci Charlie » pour remercier l’hebdomadaire de son « regard sans concession sur cette société, sur ces dirigeants politiques ou même ces dignitaires religieux dont beaucoup les célèbrent aujourd’hui avec la plus grande hypocrisie alors qu’ils les combattaient hier. Merci pour ce courage qu’ils ont payé de leur vie » (Lutte Ouvrière, 16 janvier). L’attaque antijuive visant l’Hyper Cacher a à peine mérité une mention de la part de LO tout occupée à rendre hommage à ses potes « laïques ». Evidemment avec de telles odes à « Charlie », ni LO ni le NPA ne peuvent donner ne serait-ce qu’un début d’explication de pourquoi Hollande, Obama, Nétanyahou et compagnie étaient aussi tous « Charlie ».
Le NPA a adopté une motion de « Campagne contre l’union nationale » lors de son troisième congrès, qui s’est clos le 1er février, critiquant le fait que « la plupart des organisations du mouvement ouvrier se sont alignées derrière l’union nationale en appelant à manifester à Paris le 11 janvier, au risque de creuser l’écart avec une partie de la population qui se sentait stigmatisée ». Fort bien, mais si le NPA n’a pas défilé à Paris le 11 janvier avec Hollande et les autres criminels de guerre impérialistes présents, il a tout de même appelé à participer à de semblables manifestations « républicaines » dans tout le pays (l’Anticapitaliste, 15 janvier).
Ces manifestations, avec le maire ou le préfet et tout l’éventail des politiciens bourgeois et sociaux-démocrates locaux, avaient au fond la même politique d’unité nationale que celle de Paris. A Toulouse le NPA a construit une manifestation « Charlie vivra, la haine ne passera pas » ; il a signé l’appel à la manifestation qui disait que « c’est en prolongeant le combat de ceux qui sont tombés en luttant contre l’obscurantisme, pour la liberté, la paix, la solidarité, le respect et la tolérance que nous ferons progresser les revendications de justice et de progrès social qui étaient les leurs ». A Perpignan la manifestation, que construisait entre autres le NPA, invitait « chaque républicaine et républicain, chaque démocrate, chaque amoureux de la liberté, de l’égalité, de la fraternité ». Le NPA s’est finalement retiré quand les fascistes du FN, ces « amoureux » entre tous du chauvinisme français, ont accepté la sollicitation des organisateurs et ont envoyé Louis Alliot pour diriger leur cortège. La cible ultime des fascistes est le mouvement ouvrier organisé. En l’absence d’une direction ouvrière révolutionnaire montrant la voie de la lutte contre l’ordre capitaliste raciste, le FN est dangereusement en train de gagner du terrain.
Nous appelons les travailleurs à rejeter la campagne pour l’union nationale et à se battre au contraire pour l’unité de classe. Les dirigeants réformistes traîtres du mouvement ouvrier qui s’inspirent de l’« esprit du 11 janvier » sont un obstacle à cette perspective de classe, alors qu’il est nécessaire et urgent de stopper les fascistes par des mobilisations ouvrières et immigrées.
Les états de service pro-impérialistes du NPA : alimenter « les pires fondamentalismes réactionnaires »
Tout aussi hypocrite était la nouvelle virginité politique du NPA concernant le rôle de l’impérialisme français suite aux attentats terroristes. Le NPA a déclaré le 9 janvier, juste après les attaques : « Cette violence barbare est l’enfant monstrueux […] des guerres contre les peuples qui se sont enchaînées depuis la première guerre contre l’Irak, en Afghanistan, en Libye, en Afrique, en Syrie […] Des guerres qui ne visent qu’à maintenir la domination des multinationales, leur droit à piller les richesses alimentent ainsi les pires fondamentalismes réactionnaires. » Mais le NPA a juste oublié d’ajouter que lui-même, ou son prédécesseur la LCR, s’était en règle générale et de façon criminelle aligné derrière son propre impérialisme dans ces guerres sanglantes.
Dans les années 1980, à l’époque de la guerre en Afghanistan entre l’Union soviétique et les moudjahidin islamistes financés par la CIA, la LCR avait exigé le retrait soviétique dès 1981. En 1979 l’Armée soviétique avait été priée par le gouvernement nationaliste de gauche du PDPA d’intervenir militairement contre les chefs tribaux et les mollahs anticommunistes, qui avaient pour perspective l’analphabétisme pour les masses et l’esclavage pour les femmes. Nous avions alors déclaré : « Salut à l’Armée rouge ! », et nous avions réclamé : « Etendez les acquis sociaux de la Révolution d’Octobre aux peuples d’Afghanistan ! »
Le retrait des troupes soviétiques en 1989 était un crime qui a ouvert la voie à la victoire de la contre-révolution capitaliste en URSS même, et a grandement contribué à la croissance de la réaction islamiste aujourd’hui. Mais le NPA soutenait Massoud, un dirigeant des moudjahidin, prétendant que c’était un progressiste qui se battait contre à la fois les impérialistes et l’Union soviétique. Quand le même Massoud a pris Kaboul en 1992, il a instauré la charia et réimposé la burqa. Lors de l’attaque impérialiste de 2001, ce sont ses forces qui ont servi de troupes terrestres à l’OTAN.
En 2011 le NPA avait déclaré également « son soutien total aux insurgés dans leur lutte pour la démocratie et la chute de la dictature » de Kadhafi en Libye. Il avait maintenu cette position même après que Sarkozy et autres impérialistes étaient intervenus pour renverser Kadhafi et porter au pouvoir ces mêmes « insurgés ».
Le NPA n’a rien appris de la dévastation de la Libye par les impérialistes. Deux ans plus tard il demandait à Hollande d’armer les rebelles en Syrie : « La responsabilité du mouvement ouvrier et démocratique international est de réclamer que nos gouvernements fournissent immédiatement des armes à l’Armée syrienne libre qui est mandatée par la révolution syrienne pour la défendre » (Tout est à nous !, 13 juin 2013). Pour notre part nous n’avons aucun côté dans la guerre civile réactionnaire entre Assad et les rebelles.
De là le NPA s’est mis l’automne dernier à appeler son propre gouvernement impérialiste à envoyer des armes aux nationalistes kurdes du PYD à Kobané (déclaration du NPA, 9 octobre), sachant parfaitement que le PYD était devenu le contingent militaire terrestre des impérialistes contre l’Etat islamique, le complice d’hier de ces mêmes impérialistes. Nous écrivions au contraire, tout en déclarant notre opposition politique intransigeante aux réactionnaires obscurantistes de l’EI : « les marxistes se placent militairement du côté des combattants de l’EI quand ceux-ci prennent pour cible les impérialistes et leurs supplétifs, qu’il s’agisse des nationalistes kurdes syriens ou irakiens ou du gouvernement de Bagdad et de ses milices chiites » (le Bolchévik n° 210, décembre 2014).
Depuis le début du conflit syrien, qui est attisé par les impérialistes pour effectuer un changement de régime, plus de 200 000 personnes ont été tuées et plus de 10 millions de Syriens ont été contraints de fuir leur maison. Se tourner vers les impérialistes pour demander de l’aide, c’est demander au pyromane d’éteindre l’incendie ; c’est une stratégie suicidaire pour la population syrienne. Les réformistes apportent ainsi leur propre pierre à la montée de la réaction aujourd’hui.
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/211/charliecroisade.html
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